Par Cléa

Devinette : quelle est l’huile qu’il faut absolument glisser dans votre valise, parce qu’elle vous servira à la fois à vous démaquiller, hydrater votre peau, purifier votre haleine et faire sauter au wok les gambas et les courgettes du marché ? Bingo, votre nouvelle amie, c’est bien l’huile de coco !

De quoi parle-t-on ? Une noix de coco fraîche contient à la fois de l’eau (la bien-nommée « eau de coco », hydratante et reminéralisante) et de la pulpe. Si l’on presse cette pulpe et que l’on enlève les fibres qu’elle contient (renommées « farine de coco », à consommer crues dans un yaourt par exemple), il reste la partie la plus grasse, autrement dit l’huile de coco. Cette huile est blanche et solide à froid, translucide et liquide à chaud. Sa saveur est douce et son goût de coco demeure léger. Si l’on a peur d’en être écœuré, rien n’empêche toutefois d’opter pour une version désodorisée, à condition de la choisir toujours bio et vierge pour profiter de ses bienfaits.

L’huile de coco contient 50% d’acide laurique. Il s’agit d’un acide gras saturé à chaîne moyenne. Oups… vous êtes toujours là ?  Vous savez sans doute que les acides gras saturés ne sont pas les amis de nos artères, mais peut-être ignorez-vous que les acides gras à chaîne moyenne sont peu stockés par organisme sous la forme de réserves de graisse. L’innocuité de l’huile de coco dans les maladies cardiovasculaires a été récemment démontré, et on a constaté dans le même temps que l’acide laurique possédait des vertus thérapeutiques sur les maladies du cerveau, Alzheimer notamment. Directement assimilé par le foie, il peut en effet se transformer en cétone, molécule capable de rejoindre les neurones et de produire de l’énergie cellulaire. La composition de l’acide laurique est en outre proche de celle du lait maternel, avec des vertus similaires : antifongique, antibactérien et antilevure naturel, directement assimilable par l’organisme.

Voilà pour les présentations, qui permettent de rassurer ceux qui pensaient que l’huile de coco était la nouvelle huile de palme… Notre bocal d’huile bio bien en main, reste à l’utiliser. Commençons par deux rituels à intégrer à votre routine du matin. Le premier consiste, au saut du lit, à éclabousser la peau de notre visage d’eau fraîche, puis à la masser à l’huile de coco après l’avoir bien séchée. On garde ensuite le bocal ouvert pour glisser une petite cuillerée d’huile encore solide dans la bouche, après s’être nettoyé la langue à l’aide d’un gratte-langue (ou d’une petite cuillère). Cette pratique ayurvédique nommée oil-pulling consiste à mâchouiller l’huile en la faisant voyager partout dans la bouche pendant quelques minutes, avant de la recracher (à la poubelle, pour éviter de boucher son évier…). On se rince ensuite la bouche, fraîche et débarrassée des bactéries responsables de la mauvaise haleine et des infections dentaires. Nous voilà frais et dispo pour dérouler notre tapis !

En-dehors des rituels ayurvédiques, et notamment des massages à l’huile de coco qui apaisent le feu et rafraîchissent pendant la saison chaude, l’huile de coco est ultra-polyvalente dans la salle de bains. Ses vertus antimicrobiennes, hydratantes et régénératrices sont tout indiquées pour nourrir la peau du corps comme du visage, ôter le maquillage avant de se nettoyer la peau, redonner de la souplesse à des cheveux secs, ou encore préparer ses propres cosmétiques solides bio, déodorant en tête.

Côté cuisine aussi, l’huile de coco est multiusages. Solide à froid, elle se liquéfie en chauffant, exactement comme le beurre auquel on peut la substituer dans n’importe quelle recette, surtout si l’on choisit la version désodorisée, au goût neutre. Elle apporte le même croquant dans les crumbles, sablés et cookies et le même moelleux dans les gâteaux, crèmes pâtissières et autres bavaroises. Sa grande stabilité à chaud permet de l’utiliser pour les cuissons et les fritures sans craindre une dégradation de ses acides gras. Mais c’est surtout son caractère “figeant à froid” qui a popularisé son utilisation en cuisine végétarienne, crudivore et vegan, car elle permet de réaliser des “biscrus”, des barres ou des “cheesecakes” à la tenue excellente, sans cuisson ni utilisation d’autres matières grasses ou de produits laitiers.

Emportez-la en vacances… parce que vous le valez bien !