Tout savoir, et surtout tout comprendre de la sophrologie, cette pratique qui développe la conscience, et qui aide à gérer stress et peurs.

1. Les états de conscience

En accord avec la classification communément admise aujourd’hui, Caycedo distingue quatre états ou niveaux de conscience : la veille ; l’état sophro-liminal (connu dans d’autres domaines sous les dénominations suivantes : bord du sommeil, niveau subliminal ou relaxation alpha, en référence aux ondes cérébrales émises par le cerveau dans cet état) ; le sommeil ; le coma.

L’essentiel du travail sophrologique s’effectue dans l’état sophro-liminal. Celui-ci se trouve encore dans le niveau de vigilance, la communication n’y est pas rompue et certains sujets peuvent même parler dans cet état.

Cet état est produit par la parole harmonieuse du sophrologue (terpnos logos), qui favorise également la relaxation musculaire. Le niveau sophro-liminal est donc comparable à une hypnose légère et permet d’accéder à des ressources personnelles non conscientes pour les activer.

Dans cet état de conscience où la barrière de l’inconscient s’estompe, nous sommes plus libres d’explorer des réalités auxquelles nous prêtons peu d’attention dans notre vie quotidienne. Ces réalités peuvent être physiques (par exemple l’intérieur de notre corps, auquel nous pensons surtout quand il est douloureux), mémorielles (comme certains épisodes oubliés de notre passé) ou virtuelles (lieu ou futur idéalisé).

2. Les piliers de la pratique

Vivre son schéma corporel

De notre corps, nous pouvons dire que nous l’avons (tout comme vous, j’ai des bras, des jambes, des organes, des muscles, des cellules, etc., qui constituent mon corps) mais aussi que nous le sommes (je suis ce corps-ci et pas un autre). Mais de notre schéma corporel, nous pouvons seulement dire que nous l’avons car il s’agit de la représentation que nous avons de notre propre corps, et celle-ci est construite et variable. Elle n’est pas forcément consciente : vous connaissez sans doute l’homoncule cérébral, cette carte corporelle que nous avons tous dans notre cerveau et où les zones les plus innervées et sensibles sont les plus étendues, ce qui donne par exemple une main extraordinairement développée. Vous connaissez aussi la représentation épisodique et généralement douloureuse du membre fantôme chez les amputés. Ou encore l’image biaisée, qu’ont les anorexiques et les boulimiques de leur propre corps.

Ce schéma corporel que nous avons, il est donc intéressant de l’enrichir car il est en interaction constante avec notre corps dont il module les capacités.

Divers exercices sophrologiques permettent de faire cela : en prenant conscience successivement des diverses parties de notre corps en train de se détendre, nous réactivons notre schéma corporel en l’affinant, et cet affinement produit en retour un affinement de la sensorialité corporelle en général.

Dynamiser le positif

La notion de positif en psychothérapie a fait l’objet d’innombrables commentaires et critiques, qu’il n’est pas question de répertorier ici de façon exhaustive. Un des pères modernes de la notion est le Dr. Coué, dont la méthode, longtemps raillée pour son simplisme, connaît aujourd’hui un certain retour en grâce chez les psys. Je vous rappelle sa formule clé : « Tous les jours et à tous points de vue, je vais de mieux en mieux ».

Selon Coué, l’efficacité de cette méthode réside dans la répétition de la formule, à l’identique, pendant quelques semaines. La méthode peut évidemment ne pas satisfaire des esprits avides de subtilité, ni convenir à des situations complexes ou tragiques.

Cependant, gardons-nous de jeter le bébé avec l’eau du bain : le principe consistant à se pencher sur les événements heureux de notre vie plutôt que d’en ressasser les malheurs, n’est pas aberrant en soi et peut même s’avérer utile.

C’est ce qu’a bien compris Caycedo, et tous les sophrologues qui l’ont suivi, qu’ils se déclarent caycédiens ou non. Plutôt que d’inciter le sujet à exhumer d’anciens souvenirs dans un but interprétatif, comme le fait la psychanalyse, la sophrologie lui propose de revivre ses souvenirs (heureux ou malheureux) en y puisant des ressources pour le présent et l’avenir. Il apparaît alors qu’un même souvenir évolue au fil de ses remémorations et revêt des colorations affectives différentes, ce qui a des implications tout à fait intéressantes sur le plan thérapeutique : si l’image que nous avons de certains événements douloureux de notre passé est susceptible d’évoluer, c’est tout notre positionnement intérieur envers ce passé, qui se modifie dans un sens bénéfique. Cette dynamisation du positif ne s’exerce pas seulement face au passé : anticiper un futur heureux (réussi, serein, etc.) a des effets indubitables sur le futur en question. De même, substituer à une sensation corporelle douloureuse une sensation agréable diminue l’intensité vécue de la douleur.

Suspendre son jugement (épokhê)

C’est la condition phénoménologique qui permet de tendre vers l’objectivité. Dans le sillage du philosophe Husserl, il s’agit pour le sophrologue de se désencombrer de ses interprétations et de ses jugements (sur le monde et sur autrui) et de revenir à l’ici et maintenant des sensations simplement observées dans leur apparaître. Même si l’on peut penser qu’il s’agit là d’un idéal difficilement accessible aux humains limités que nous sommes, c’est néanmoins la condition nécessaire à l’établissement d’une alliance de qualité entre le sophrologue et son patient.

3. Les méthodes

Le terpnos logos

C’est la parole harmonieuse du sophrologue, qui favorise l’accès du sophronisant à la détente. Mais avec l’entraînement, cette parole extérieure n’est plus nécessaire et chacun peut parvenir à l’auto-sophronisation (auto-hypnose légère), en respectant les différentes phases de l’exercice : relaxation musculaire, visualisations et/ou respirations choisies, dé-sophronisation progressive.

La respiration

Du premier au dernier souffle, notre vie en tant qu’individu commence et finit par une respiration. Or il existe de multiples façons de respirer, sciemment utilisées par les disciplines du corps et de l’âme pour leur utilité propre en fonction de l’effet recherché : apaisement (respiration alternée, respiration du fétu de paille), analgésie (respiration du petit chien), conscience transpersonnelle (respiration holotropique), etc.

Elle utilise largement la respiration dite IRTER (inspiration, rétention, tension, expulsion, récupération), en accompagnement de certaines visualisations ou formulations mentales. Elle nous fait également prendre conscience du fait que tout notre corps respire et nous invite à ressentir la respiration à chaque étage de notre corps et dans chacune de ses cellules.

La visualisation

Les possibilités de visualisation en état de relaxation sont infinies. Il faudrait d’ailleurs plutôt parler de rêve éveillé ou de vécu sensoriel (Caycedo dit vivance) car tous les sens sont sollicités, pour enrichir l’intériorité sensorielle et émotionnelle et favoriser ainsi l’harmonisation du corps et de la conscience.

Ruth Scheps

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